Serah Gazali

Peace of mind

Une femme arabe résidant en Colombie-Britannique, où elle s’est trouvée du travail. Réfugiée d’Arabie Saoudite, elle a dû travailler fort pour se bâtir une vie au Canada. Cette expérience lui a permis de découvrir le processus d’établissement d’une façon toute particulière, et elle s’est bâtie une carrière en aidant les nouveaux arrivants à s’installer dans un environnement sécurisant, dans une période potentiellement complexe et inquiétante.

Elle complète présentement sa maîtrise à l’Institute of Gender, Race, Sexuality and Social Justice de l’Université de Colombie-Britannique. Le sujet tombe à point, puisqu’elle le connaît très bien. Il lui tient à cœur, car elle souhaite venir en aide à des personnes dans son travail quotidien.

Son travail

Madame Gazali est une des membres fondatrices du regroupement de femmes arabes de la Colombie-Britannique. Le regroupement a été fondé au début de 2015 et a rapidement gagné en popularité. Les participants ont déjà créé un groupe sur Facebook pour faciliter la communication, et nous travaillons sur un site Web et un camion-restaurant.

Le regroupement est composé de femmes arabophones issues de différents milieux. Certaines d’entre elles travaillaient dans l’industrie du cinéma dans leur pays d’origine. D’autres on travaillé en informatique, dans la coiffure ou encore dans des usines de vêtements. Bon nombre d’entre elles possèdent un statut de réfugiée.

L’éducation

Le regroupement a été conçu pour aider ces femmes à prospérer dans leur vie de nouvelles Canadiennes. Tout a commencé par un cours d’une durée de douze semaines, dont la moitié était conçue pour aider ces femmes à communiquer et à réseauter efficacement. La seconde moitié du cours était consacrée aux notions fondamentales en économie, particulièrement pour faciliter la compréhension du domaine financier en Colombie-Britannique.

Confiance et amitié

Le cours a obtenu un franc succès, mais madame Gazali a remarqué que la majorité des avantages obtenus par les participants ne touchaient pas son contenu. Ces avantages se sont plutôt présentés sous la même forme que de nombreuses bonnes choses : en assemblant des personnes qui se ressemblent. Les femmes ont tissé des liens de confiance et d’amitié, des liens difficiles à rebâtir pour les réfugiés, selon madame Gazali.

« Quand on quitte une zone de guerre, la confiance devient un bien précieux. L’accorder à la mauvaise personne pourrait vous coûter la vie », a déclaré madame Gazali.

Selon madame Gazali, les membres du groupe se sont liés d’amitié après que le groupe a créé son groupe Facebook privé pour faciliter la communication. Au début, Gazali s’inquiétait du malaise que pourraient ressentir certaines personnes à utiliser ce type d’outil pour communiquer, mais grâce à la prolifération des téléphones mobiles et de la messagerie par texte, ces personnes se sentaient déjà familières à utiliser de tels moyens et elles ce sont donc rapidement adaptées.

« À partir de ce moment, la connexion entre elles a atteint un autre niveau. Elles sont devenues les meilleures amies du monde, Et leurs enfants aussi », a déclaré Gazali.

L’histoire de Serah

Serah est elle-même une réfugiée. Née en Arabie-Saoudite, elle s’est enfuie en Amérique du Nord. Depuis son arrivée, elle travaille à faciliter le processus des réfugiés. Elle a travaillé avec Mexican Aid for Refugees, un organisme destiné à venir en aide aux femmes touchées par les conflits en Irak.

Après son arrivée au Canada, elle a commencé à travailler pour l’Immigrant Services Society of BC, un organisme qui vient en aide aux réfugiés arabes en Colombie-Britannique. Son expérience lui a appris que les solutions n’étaient pas universelles. Chaque cas doit être traité individuellement.

« Il faut y aller au cas par cas. D’une personne à l’autre, s’installer dans un nouveau pays peut prendre une dimension complètement différente », dit-elle.

Elle a su se servir de son expérience pour mettre sur pied le regroupement de femmes arabes. Elle savait pertinemment qu’une solution unique était vouée à l’échec. L’organisme a plutôt été structuré de façon à encourager le partage des ressources et le développement du potentiel individuel.

Comment nous avons contribué

Le Conseil économique des femmes a été l’un des premiers organismes à financer le regroupement de femmes arabes. Comme nous faisons partie du grand projet Cluster, nous étions capable de fournir des rétroactions et des ressources au regroupement de madame Gazali. Deux des membres de notre conseil d’administration, Gulaili Habib et Melanie Conn, ont joué un rôle essentiel en donnant des conseils et en dirigeant les membres du regroupement de femmes arabes.

« Je les appelle nos grand-mères, nos grand-mères spirituelles », plaisante madame Gazali.

Elle les considère toujours ainsi. Même si le projet n’est plus à l’étape du financement, madame Gazali appelle tout de même régulièrement les membres du CÉF. Si elle envoie un courriel important, elle les copies parfois pour s’assurer que tous sont au courant.

Qu’est-ce qui attend le regroupement de femmes arabes

Selon madame Gazali, le regroupement de femmes arabes voit grand pour les prochaines étapes, même si ces dernières ne seront peut-être pas toutes aussi faciles.

« Tout est possible si vous y croyez, même si on regarde nos possibilités à certains moments précis, nous envisageons deux solutions », explique-t-elle.

Ces deux solutions sont l’artisanat et la cuisine. Le regroupement travaille présentement à l’instauration d’une boutique en ligne destinée à la vente d’objet d’artisanat. Son nom? Arabiat, qui signifie femme arabe. Elles projettent également de lancer un camion-restaurant pour présenter leurs talents culinaires.

Peu importe où l’avenir les mènera, nul doute que ces femmes ambitieuses sont sur la bonne voie. Elles se sont bien établies dans la collectivité, ce qui leur donne une base solide sur laquelle elles peuvent bâtir.